mercredi 30 janvier 2013

A propos de l'adoption au Cameroun (2)



Adoption des enfants au Cameroun: Un nouveau dispositif en place

Un nouveau document de procédure a été validé à l’initiative du ministre en charge des affaires sociales, Catherine Bakang Mbock

Un document de procédure de la chaîne d’adoption des enfants au Cameroun, a fait l’objet d’un processus de validation  le 22 novembre 2012, à l’initiative du ministère en charge des affaires sociales. Le document a pour ambition de définir les règles qui désormais devront encadrer l’adoption d’un enfant dans le pays. Le ministre a tenu a préciser que le document ne venait pas se substituer aux règles déjà existantes. 
"L’adoption judiciaire relève exclusivement et strictement du pouvoir  judiciaire. Tous les textes qui sont législatifs relèvent du pouvoir législatif. Maintenant, dans l’entourage de ces textes nous avons des problèmes sociaux qui se posent au quotidien en matière de protection de l’enfant vulnérable. C’est de cela qu’il s’agit lors de la reprise en main de la chaîne d’adoption. Nous devons mettre en cohérence toutes les interventions, tous les actes administratifs et civils qui sont posés dans le cadre de la protection sociale de l’enfant."  Catherine Bakang Mbock, ministre des affaires sociales

Globalement, le document devrait contenir les conditions de forme et de fond pour être éligible à l’adoption d’un enfant au Cameroun. Pour les célibataires ou les couples non mariés il faudra en plus apporter une garantie de moralité supplémentaire. Le document propose aussi de suivre l’adopté dans son nouveau cadre familial.
Dans le principe, rien ne devrait changer. L’objectif du document est de permettre une mise en cohérence des actions d’adoption et une plus grande traçabilité entre les partenaires de la chaîne.
Ce qui va changer également, c’est qu’il y aura un renforcement des capacités des partenaires civils. Ils disposeront dans leur environnement de la documentation, mais surtout des procédures claires qui leur permettra de savoir comment il faut s’y prendre pour encadrer ces enfants vulnérables.     Catherine Bakang Mbock, ministre des affaires sociales

De nombreux observateurs s’interrogent sur la valeur ajoutée du document en examen. Dans l’ensemble l’adoption d’enfant au Cameroun relève plus de la sociologie. Elle prend plusieurs formes et une des formes privilégiée est le fait pour des parents vivant dans les zones rurales, de donner leurs enfants à des parents proches ou éloignés plus nantis et vivant en ville, pour les élever et leur faire bénéficier « d’une bonne éducation ». L’autre forme d’adoption très répandue aussi, est le fait que des enfants en bas âge et qui ont perdu leurs parents, soient « adoptés » par des frères ou des cousins des disparus. Là aussi aucune procédure n’est souvent effectuée. Dans certains cas extrêmes, on corrompt un officier d’Etat civil, qui produit un nouvel acte de naissance à l’enfant qu’on prendra en charge. Une situation qui ne va pas sans causer des conséquences. Très souvent, l’enfant devenu adulte est disputé et divisé entre une mère biologique qu’il ne connaît pas, et une mère adoptive qui en réalité n’est pas légitime. Mais au Cameroun on est loin de ce débat. Le principal défi étant de lutter contre le trafic des enfants.

Synthèse de Mathieu Meyeme

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