L’ANTSC est une association corporatiste, apolitique et à but non lucratif, dont les objectifs globaux visent à promouvoir et valoriser le Travail Social comme profession, d'une part et renforcer les capacités d’intervention des travailleurs sociaux, d'autre part. L'ANTSC est membre de droit de la Fédération Internationale des Travailleurs Sociaux (FITS), basée à Berne en Suisse et ayant voix consultative auprès des Nations Unies.
dimanche 2 février 2014
samedi 1 février 2014
samedi 5 octobre 2013
CONFLITS FAMILIAUX
Doigté et professionnalisme
pour savoir les gérer
La résolution
des conflits familiaux peut faire appel à des techniques innées propres à toute
personne, mais aussi à l’expertise d’un médiateur, professionnel neutre.
La notion de
famille varie énormément selon les sociétés Mais anthropologues, ethnologues,
sociologues et historiens considèrent que les systèmes familiaux sont aussi
divers et complexes que le sont les cultures du monde. Les ethnologues
distinguent la famille nucléaire, formée par les époux et leurs enfants, et la
famille élargie, ou étendue, qui groupe, parfois dans une même unité
résidentielle, trois ou quatre générations. C’est cette acception qui est
généralement considérée comme la règle en Afrique et au Cameroun en particulier.
Toutefois, à moins de vivre sur une île déserte, il est pratiquement impossible
de ne pas être confronté à un moment ou l'autre à un conflit. Ainsi, malgré l’amour
que les membres d’une même famille éprouvent les uns pour les autres, les
conflits font inévitablement partie de la vie, car nous avons tous des
croyances, des besoins et des désirs différents. Que ce soit avec le conjoint, les parents ou les enfants, divorce, garde d’enfants, pension alimentaire,
succession… les
situations
de conflit ne manquent pas.
Bien qu’un conflit familial soit parfois
épineux, l’aptitude à le résoudre de façon positive est essentielle non
seulement à la santé émotionnelle de chacun, mais aussi au bien-être de la
famille en tant que groupe. Selon la plupart des thérapeutes familiaux, la
résolution d’un conflit se fonde en grande partie sur le respect mutuel et la
volonté de chacun de trouver des solutions qui conviendront à tous. En faisant
l’effort d’aller avec calme et maturité au fond du problème que représente un
conflit familial, la communication et la coopération sont améliorées, la
confiance et le soutien mutuel sont renforcés et, surtout, tout cela contribue
à créer une dynamique familiale plus paisible.
Selon
Jean-Pierre Makang, Inspecteur des Affaires Sociales et sous-directeur de la
promotion des droits de la famille au Ministère de la Promotion de la Femme et
de la Famille,
le schéma de la résolution d’un conflit familial fait appel aux étapes
ci-après : « Analysez la situation. Les querelles suivent souvent un
scénario similaire. Avez-vous le même genre de dispute tous les jours?
Existe-t-il un moment de la journée où les discussions ont tendance à
s’envenimer? À quel point vos désaccords sont-ils sérieux? Il se pourrait qu’un
simple changement de routine ou le fait de prendre le temps de vérifier si les
membres de la famille sont affamés, fatigués ou stressés après une journée au
travail ou à l’école suffise à résoudre les disputes de moindre importance. Parlez-en. Avant d’aborder de front les membres de
la famille, prenez le temps de réfléchir aux raisons pour lesquelles un certain
problème vous préoccupe. Assurez-vous d’être en mesure de préciser la cause du
conflit, selon vous. Pourquoi est-ce un problème? Qu’est-ce qui présente un
problème – la situation elle-même ou vos sentiments à cet égard? N’espérez pas
trouver une solution lorsque les esprits sont échauffés – prévoyez un moment où
toutes les personnes en cause pourront se réunir afin de parler du problème
dans le calme et de façon productive. Clarifiez le problème. Un moyen de gérer une impasse consiste
à réunir les membres de la famille et à fournir à chacun l’occasion d’exprimer
son opinion à l’égard de la nature du problème, y compris les répercussions et
l’implication personnelles. Surveillez votre ton de voix et votre choix de
mots. Si la discussion se dégrade, prenez une pause et reprenez la conversation
lorsque chacun sera plus calme et plus ouvert. Si vous réussissez à demeurer
dans le temps présent et si vous évitez de lancer des accusations ou de
ressasser d’anciens problèmes, il vous sera plus facile de résoudre le conflit.
Écoutez. Quelle que soit la cause
du conflit, différents styles de gestion et de communication peuvent aussi
contribuer à atténuer les difficultés. Pour résoudre un conflit, il est
nécessaire que chacun ait l’impression d’avoir vraiment été écouté. Manifestez
du respect et tentez de comprendre ce qui est dit. Évitez d’adopter une
attitude défensive et d’interrompre la personne qui parle. Un parent ou un arbitre pourrait vouloir noter au fur et à
mesure les points d’entente et de mésentente. Cherchez des solutions. Lorsque chacun aura exprimé son
opinion à l’égard du problème faisant l’objet d’un conflit, conjuguez vos
efforts et dressez une liste de toutes les solutions possibles et imaginables.
Ne les analysez pas – contentez-vous de les noter. Ensuite, faites le tour et
demandez à chacun d’identifier la meilleure solution selon lui et d’en
expliquer les raisons. Ce processus permettra de réduire le nombre de possibilités
et d’adopter une solution qui conviendra à tous. Obtenez l’engagement de
chacun. Pour que
la solution choisie soit efficace, les membres de la famille devront accepter
de s’y conformer et faire en sorte qu’elle réussisse. Ils doivent s’entendre au
sujet de leur responsabilité, des conséquences et des limites de leur démarche.
Faites un dernier tour, demandez à chacun d’énoncer ce qu’il s’engage à faire,
et assurez-vous que tous soient convaincus d’avoir été écoutés et qu’ils aient
bien compris l’origine du conflit. Enfin, effectuez un suivi. Plus tard, il sera important de
demander à chacun ce qu’il éprouve à l’égard des difficultés rencontrées. Les
membres de la famille ont-ils l’impression que la solution est efficace? Il y a
toujours moyen de la peaufiner. Le conflit fait-il toujours rage alors qu’il
est impossible d’entrevoir une solution? Il est peut-être temps de demander du
soutien à un médiateur ou à un autre professionnel. Parfois, l’opinion d’un
tiers permet de voir la situation sous un angle différent. »
MEDIATION FAMILIALE
« Il
peut être utile de recourir aux services d’un médiateur familial ». Reconnait, Chimène Ngono, Assistante sociale en service au Ministère des
Affaires Sociales. Tiers impartial, indépendant
et qualifié, il tentera de restaurer la communication et de trouver une
solution amiable au conflit qui vous oppose. D’abord considérée comme un processus de gestion des conflits familiaux
liés au divorce et à la séparation, la médiation familiale est aujourd’hui plus
largement utilisée pour restaurer le dialogue au sein de la famille. La Médiation Familiale peut être définie
comme un : « processus de
construction ou de reconstruction du lien familial axé sur l’autonomie et la
responsabilité dans lequel un tiers impartial, indépendant, qualifié et sans
pouvoir de décision – le médiateur familial – favorise, à travers
l’organisation d’entretiens confidentiels, leur communication, la gestion de
leur conflit dans le domaine familial entendu dans sa diversité et dans son
évolution ».
Globalement, la médiation familiale peut concerner toute personne en
situation de rupture des liens familiaux. Par exemple : les couples (mariés, ou concubins) en situation de rupture, qu’il
s’agisse d’un divorce ou d’une séparation, les grands-parents souhaitant
conserver des liens avec leurs petits enfants, les frères et sœurs qui doivent
régler une succession conflictuelle,
les jeunes adultes en conflit avec leurs parents.
En tant que
modérateurs, les médiateurs familiaux proposent
aux familles un espace et un temps d'accompagnement pour : favoriser une
atmosphère positive de discussions, prendre de la distance par rapport à des
événements familiaux, réfléchir ensemble à la construction de l'avenir,
travailler à une meilleure communication familiale ou permettre la conclusion
d'accords adaptés aux besoins de chacun. Une médiation peut être initiée à tout moment par un membre de la famille
ou conseillée / ordonnée par un juge en cas de procédure judiciaire.
Elle se déroule dans un lieu neutre : maison
de la médiation, espace famille, espace aménagé par un médiateur libéral… Au
cours d'un 1er entretien d'information, sans engagement, le médiateur reçoit
les différentes personnes concernées et leur expose les objectifs de la
démarche. S'ils sont d'accord, ils se retrouvent pour une série d'entretiens
qui peuvent s’étendre sur une période variant de quelques semaines à plusieurs
mois.
L’enseignement de l’Eglise nous apprend
que les divisions sont multiples et parfois les familles se trouvent dans des
impasses. Le Bienheureux Jean Paul II rappelle dans sa lettre aux familles
(familiaris consortio) que « La
famille a pour mission de transmettre et révéler l’Amour ». Pour
pouvoir faire un chemin de réconciliation il faut commencer par
« dire » les blessures ! Il faut pouvoir mettre des mots sur ce
qui a pu blesser car la peur de nommer les choses est un obstacle à la réconciliation.
Pour commencer dans l’humilité un
processus de réconciliation et pour regarder l’autre en face sans haine et sans
souffrir, il faut souvent du temps.
La réconciliation n’est pas d’abord
notre affaire mais l’œuvre de Jésus-Christ. En voyant comment nous sommes
divisés, éclatés dans nos familles, nous pourrions nous décourager !
Et parce que cette réconciliation n’est
pas possible, Jésus est venu et l’a rendu possible ! Car ce n’est pas à
notre mesure. Quand l’histoire nous divise, l’Esprit Saint, lui, veut nous
unifier. Et Dieu fait alliance pour que nous retrouvions cette unité. Et
l’Eglise répond avec le Concile (cf. Lumen Gentium n°9 à 20) : « L’Eglise est le Sacrement de l’unité
de l’homme avec Dieu et des hommes entre eux. »
Mathieu Meyeme
EX-EMPLOYÉS DES SOCIÉTÉS D’ÉTAT
La mort au bout du tunnel
Attendu depuis 25 ans, le paiement des
droits sociaux et de la prime de reconversion aux ex-employés des 48 sociétés d'état privatisées ou liquidées a entrainé la
mort d’un sexagénaire le 17 septembre dernier à Yaoundé.
« Il est sorti hier pour venir toucher son argent (…)
Il a reçu un choc et s’est retrouvé à l’hôpital », raconte un jeune homme d’une vingtaine d’année, la mine défaite.
Visiblement le fils du défunt. « Il était
dans le coma. On lui a placé une perfusion. Le lendemain à 6h [le 17 septembre
2013, Ndlr], la maman nous a appelé pour nous annoncer qu’il est mort »,
poursuit le jeune homme, devenu conducteur de moto taxi, faute de moyens pour
continuer ses études. Et d’ajouter, «S’il
touchait son argent depuis cette situation n’allait pas arriver ». Fabien Mitsi Selma, 65
ans, ex-employé de la Mission de développement des cultures vivrières
(Mideviv), s’est écroulé devant l’immeuble de la Campost alors qu’il attendait
de recevoir sa prime de reconversion instruite par le chef de l’Etat, paul Biya
le 4 novembre 1988 avant de rendre l’âme quelques heures plus tard. Dans les
minutes qui ont suivi ces instants tragiques, trois personnes dont Oumarou Maya
Maya, autre personnel de la Mideviv se sont écroulés à leur tour et
immédiatement transportés aux urgences de l’hôpital Central à Messa.
Au milieu de
cette foule, certaines sources évoquent deux autres cas dont une dame décédée
dans les mêmes conditions dans une agence d’une banque de la place. Un certain
Mohammed serait actuellement hospitalisé après s’être écroulé alors que plus
loin un homme visiblement affaibli et amaigri laisse entendre « Je suis diabétique. Je suis parti de
Bafang en prêtant 5000 Fcfa qui n’ont suffit que pour mon transport. J’ai faim,
j’ai soif et pourtant je n’ai même pas 50 Fcfa pour boire de l’eau ».
Cette marée
humaine est constituée de plus de 1000 personnes, du troisième âge pour la
plupart, hommes et femmes venant des dix régions du Cameroun pour recevoir les
primes de reconversion instruite par le chef de l’Etat, le 4 novembre 1988. En
attendant d’être payés, ces ex-employés dorment sur des morceaux de cartons à
la belle étoile, se font asperger d’eau par la police anti-émeute. tandis que
ceux qui finissent, par passer devant la caisse pour prendre le maigre pécule
qui leur est réservé, doivent remplir un protocole transactionnel rédigé par le
ministre des Finances, qui demande aux intéressées : «d’accepter de percevoir le montant correspondant à trois mois de salaire
de base au titre de la prime de reconversion et pour solde de tout compte ».
Ce document lie de manière individuelle, l’Etat du Cameroun à travers le
ministère des Finances aux ex-employés. Son objet : « procéder au règlement à l’amiable et définitivement de la dette
sociale, notamment la prime de reconversion due aux ex-employés des 48 sociétés
d’Etat (art1) ». On peut- y lire que l’état s’engage « à payer à l’intéressé(e) un montant correspondant à trois mois de
salaire de base au titre de la prime de reconversion et pour solde de tout
compte». L’article 4 dudit contrat portant sur l’« autorité de la chose jugée du protocole » stipule que : « le présent protocole intervenu librement
entre les parties, vaut transaction au sens de l’article 2052 du Code civil aux
termes duquel les transactions ont, entre les parties, l’autorité de la chose
jugée en dernier ressort. Elles ne peuvent être attaquées pour cause d’erreur
de droit, ni pour cause de lésion. Il emporte renonciation à tous les droits,
actions ou à quelques titres que ce soit entre les parties. A cet effet, toute
revendication ultérieure, individuellement ou collectivement, à la perception
intégrale du montant sus-indiqué expose l’intéressé(e) à des poursuites
judiciaires ». Un ensemble de dispositions jugé injuste par un ex-employé
qui a affirmé : « donc il nous vole et on
ne peut même pas se plaindre ». Carte nationale d’identité, lettre de
recrutement, lettre de licenciement pour motif économique, carnet de cotisation
Cnps, dernier bulletin de solde, protocole d’accord, constituent la liste des
pièces à fournir par les ex-employés pour s’identifier.
A L’EPREUVE DES FAITS
A titre de rappel, les paiements dont il
s’agit ici datent de plus de 25 ans depuis les premières séries de
privatisations à la fin des années 1980 et au début de la décennie suivante
d'entreprises publiques et parapubliques par les autorités camerounaises en
application de mesures d'ajustement structurel imposées par le Fonds monétaire
international (Fmi). A l'instar de la plupart d'autres pays d'Afrique
subsaharienne, le Cameroun s'était vu soumis à une rude cure d'austérité qui
exigeait un dégraissage des effectifs des administrations publiques en vue
d'une réduction des dépenses de l'Etat dans un contexte de grave crise économique
mondiale qui avait entraîné une baisse des recettes d'exportation issues
principalement de la commercialisation de matières premières agricoles et
minières non transformées. Une cinquantaine de sociétés d'Etat de divers
secteurs d'activités avait été touchée par cette mesure qui avait mis à la
porte, selon plusieurs sources, entre 40.000 et 50.000 personnes désignées par
le vocable de « déflatés ». Ce sont
ainsi près de 48 sociétés d'Etat qui ont été privatisées ou fermées, à l'instar
des entreprises Sotuc, Sodecao, Zapi, Cenedec, Matgenie, Sofibel, Onaref,
Onadef, Celucam, Biao, etc.
Pour rassurer les « déflatés », le chef de
l’Etat
avait alors promis de leur payer une prime de reconversion le 4 novembre 1988.
Mais las d’attendre, les ex employés se sont constitués en un collectif qui à
l’approche des fêtes de fin d’année ou de la rentrée scolaire, a pris
l’habitude de manifester publiquement à proximité du Ministère des finances
muni de pancartes en carton sur lesquelles on peut lire « 20 ans de misère, trop c’est trop ; Nous voulons le
paiement de nos droits… ». D’autant que,
selon Louis Bahiya, ex-agent de la
Société des transports urbains du Cameroun (Sotuc). « Ces droits ont été calculés par
un comité et approuvés par le ministère du Travail, puis transmis au cabinet du
ministre des Finances depuis le 5 décembre 2007. Le Minfi nous a promis
d’entrer en pourparler avec la hiérarchie pour qu’on nous paie. Depuis, nous
attendons le feedback. Nous attendons que le Minfi nous oriente pour qu’on nous paie ». Un autre
manifestant affirmait aussi en décembre 2007 que « Le ministre des Finances nous a promis le 1er septembre que nous allions
tous inscrire nos enfants à l’école. Nous sommes revenus le 5 novembre, il nous
a montré le rapport que le comité a déposé. Les deux premiers délégués que nous
avions ont disparu après avoir perçu leur perdiem. Après plusieurs faux
rendez-vous, nous avons fait un fax au Minfi le 30 novembre. Il nous a invités
à le rencontrer le 11 décembre ».
Parmi les droits
sociaux réclamés par ces derniers, l’on distingue, les arriérés de salaire, la
prime de reconversion, les frais de congés, de déplacement définitif, etc.
Alors qu’en date
du 18 septembre dernier, une coalition des
associations camerounaises de la diaspora a rendu publique une lettre où elle
demande que « toute la lumière soit
faite sur la mort de l’ex employé », le Ministre des Finances, absent
de Yaoundé au moment des faits, était face à la presse le lendemain pour
lever les points d'ombre concernant cette opération. L'une des principales informations qu'il faut retenir de la
communication faite par Alamine Ousmane Mey Alamine est que la deuxième tranche du paiement de la prime de
reconversion des ex-employés des sociétés d'Etat se fera, dès le mois prochain,
dans les régions de résidence des concernés ou de leurs ayant-droits. «Nous avons pris cette mesure afin de
faciliter la tâche à ces personnes qui attendent depuis des années», a-t-il
affirmé. En attendant, les ex employés continuent d’espérer en des lendemains
qui chantent, afin que Fabien Mitsi Selma ne soit pas mort pour rien.
Mathieu Meyeme
PRISE EN CHARGE DES REFUGIES AU CAMEROUN
Moyens insuffisants malgré la bonne volonté
Le constat a été fait par la représentation locale du
Haut-commissariat aux réfugiés (Hcr) au Cameroun
Selon Ndeye
Ndour, le Cameroun accueille actuellement plus de 100 000 réfugiés constitués
essentiellement des ressortissants des pays voisins qui fuient la guerre civile
et des atrocités de toutes sortes dans leurs pays. Avec des événements
politiques marqués par le coup d’Etat survenu il y a six mois en Centrafrique,
la représentante du Hcr au Cameroun, a indiqué que la Rca compte à elle seule,
plus de 50 000 réfugiés qui vivent
essentiellement dans la région de l’Est, frontalière de leur pays d’origine.
Des réfugiés pris en charge par le gouvernement camerounais et le Hcr avec
l’appui de certains organismes humanitaires, aussi bien ceux qui vivent dans
les camps aménagés, que de milliers d’autres qui vivent dans plus de deux cent
villages dans cette région. En plus des Centrafricains, les Nigérians
constituent également une importante communauté de réfugiés vivant au Cameroun,
ces derniers qui fuient les exactions de la secte Boko Haram sont surtout
installés dans la partie septentrionale du Cameroun, notamment dans la région
de l’Extrême-nord où ils sont environ 9000 réfugiés. Pour le reste, les
Tchadiens, les Rwandais et les Congolais de la République démocratique
constituent également des groupes de réfugiés importants, ceux-ci étant
disséminés à travers le territoire national.
La situation en
République Centrafricaine a été jugée « préoccupante »
par les responsables du Hcr. Le gouverneur de la région de l’Est Dieudonné Ivaha
Diboua qui vient d’effectuer une descente sur le terrain, a précisé que pour
des raisons d’efficacité et de sécurité, plusieurs sites ont été aménagés pour
accueillir les réfugiés. Toutefois, a-t-il reconnu qu’il est difficile
d’assurer une prise en charge appropriée à tous, d’autant que « les réfugiés continuent d’affluer vers le
Cameroun », malgré des appels au calme et à la paix des nouvelles autorités
au pouvoir à Bangui.
Mais fidèle à sa mission
d’encadrement des réfugiés, le Haut commissariat des Nations unies aux réfugiés
(Hcr) vient de construire des salles de classes afin de permettre la
scolarisation des enfants réfugiés centrafricains. Selon le Hcr ces salles de classes
ont été construites a proximité des écoles des localités de Garoua Boulai et
Ngoura, deux arrondissements de la Région de l’Est où l’on compte les camps les
plus importants de réfugiés centrafricains. Un coup de pouce qui s’étendra
aussi aux autres réfugiés, assure Ndeye Ndour.
REFUGIES NIGERIANS
Car depuis quelques mois l’arrondissement de Kolofata
est, lui aussi, submergé par un flux de réfugiés nigérians qui ont fui leur
pays à la suite de l’offensive de l’armée nigériane contre la secte islamiste
Boko Haram. Selon le chiffre communiqué par le gouverneur de la région de
l’Extrême-Nord, plus de 20 000 réfugiés sont arrivés essentiellement en
provenance de Bama, localité nigériane frontalière du Cameroun. Pour l’instant,
ils sont hébergés dans des écoles et des domiciles privés dans deux localités
de l’arrondissement : Amchidé et Kolofata centre. Le gouverneur est descendu à
Kolofata et à Amchidé le 28 août 2013. Augustine Awa Fonka a constaté que le
nombre de réfugiés croît de jour en jour. D’où son inquiétude face aux menaces
que représente une telle situation. « Tous
ces gens qui se considèrent comme des refugiés doivent se plier aux lois de la
République pour être pris en compte par le Hcr » Et d’ajouter, «Nous ne laisserons pas des personnes non
identifiées entrer au Cameroun parce que leur présence clandestine peut
augmenter l’insécurité. Nous voulons préserver la bonne relation qui existe
entre le Cameroun et le Nigeria. Il ne faut donc pas que des refugiés inconnus créent
des incidents diplomatiques entre les deux pays», précise Augustine Awa
Fonka.
Selon les statistiques rendues disponibles par Mamady
Fatta Kourouma, chef de la sous-délégation Unhcr, 105 000 réfugiés nigérians
sont présents au Cameroun. À l’Extrême-Nord, ceux qui ont été enregistrés par
le Hcr sont au nombre de 8125 dont 4816 dans le département du Mayo- Sava, 3323
dans le département du Mayo-Tsanaga et 600 dans le département du Logone et
Chari. Sur le site de Minawaou, le gouvernement a déjà construit des forages.
Les constructions d’un centre de santé, d’un marché et d’une école ont déjà été
programmées. Toutefois, les bonnes intentions du Hcr et du gouvernement
camerounais sont limitées sur le terrain par de nombreuses difficultés. En effet, dans
le cadre de la réorientation de la stratégie d'assistance alimentaire du Programme
alimentaire mondial (Pam), les distributions générales de vivres ont été
remplacées par une aide ciblée, qui a bénéficié à 26 000 réfugiés en 2011.
En raison de contraintes financières, cette aide a encore été réduite de 50% en
2012 et un nombre considérable de réfugiés sont aujourd’hui (en 2013), exposés
à l'insécurité alimentaire si des fonds ne sont pas débloqués pour assurer la
prise en charge de ces besoins.
Au nombre de ces contraintes, le
personnel du Hcr et ses partenaires d'exécution ont des difficultés à accéder
aux réfugiés en raison de problèmes logistiques. C'est le cas en particulier
dans les régions de l'Est et de l'Adamaoua, où les réfugiés centrafricains sont
dispersés dans plus de 300 zones d'installation, réparties sur un territoire de
plus de 50 000 kilomètres carrés. De surcroît, ces réfugiés mènent une
existence nomade, de sorte qu'il est difficile de leur apporter une aide et de
leur distribuer des documents.
A titre de rappel, le Cameroun est
signataire de la Convention de 1951 sur les réfugiés et de son Protocole de
1967, ainsi que de la Convention adoptée par l'OUA en 1969. Au niveau national,
la loi définissant le cadre juridique de protection des réfugiés a été adoptée
en 2005. Le décret d'application de la loi de 2005 a été signé en novembre
2011, à la suite de quoi les Commissions d'éligibilité et des recours ont été
créées en juillet 2012.
Mathieu Meyeme
PERSONNES ÂGÉES
L’Église exalte les vertus du Troisième âge
C’était à l’occasion de la célébration
de la journée internationale des personnes âgées, alors qu’au plan national
aucune cérémonie officielle n’a eu lieu.
Afin de montrer son implication à la célébration
de la Journée 2013, consacrée aux personnes du troisième âge qui a été célébrée
le 1er octobre dernier sur le thème « L’avenir que nous voulons : ce que disent les personnes âgées », le Président
du Conseil pontifical pour la pastorale de la santé a diffusé un message sur la
valeur de la vie des personnes âgées: Les chrétiens et toutes les personnes de
bonne volonté, écrit Mgr.Zygmunt Zimowski, « sont
appelées à agir pour une société plus juste, qui prenne notamment en compte
l'apport actif des personnes susceptibles d'être considérées comme inutiles.
Loin d'être des poids pour la société, les personnes âgées doivent lui apporter
expérience et sagesse... Dans nombre de pays développés, la personne âgée
demeure acteur de la vie sociale, alors même qu'on s'adapte au prolongement de
la vie, résultant de multiples facteurs notamment les progrès de la médecine.
Mais prolongement ne doit pas devenir survivance. Il faut donc valoriser la
vieillesse à partir de ses caractéristiques et des spécificités des personnes
âgées ».
L’Eglise catholique, par la voix du
plénipotentiaire de la curie romaine affirme qu’il faut donc favoriser la
culture de l'unité inter-générationnelle, car la personne âgée doit avant tout
être objet d'attention caritative mais lui même également agent de cette
pastorale. Mgr.Zimowski a insisté sur le fait que l'assistance religieuse au
troisième âge doit impliquer l'ensemble de la communauté ecclésiale. Dans ce
sens, le Conseil pontifical organise du 21 au 23 novembre une conférence internationale
dont le thème est: « L'Eglise au
service de la personne âgée malade, l'assistance aux personnes affectées par
des maladies dégénératives ». Dans la vision chrétienne, la vieillesse
n'est pas la décadence de la vie mais son accomplissement, la synthèse du vécu
et de l'expérience, de tout ce qui a été affronté au long de l'existence.
Pourtant, à l’échelle du gouvernement de notre pays, seules quelques actions
isolées ont été signalées ce jour-là tandis qu’aucune célébration officielle
n’a été organisée au ministère des Affaires Sociales.
IGNOREES PAR LES AUTORITES GOUVERNEMENTALES
Un communiqué diffusé en boucle dans le
journal en continu de la Crtv indique que, la célébration de la Journée
internationale 2013 des personnes âgées sera célébrée le …08 octobre prochain à
Yaoundé. Cette date, non officielle, retenue par Catherine Bakang Mbock, le
ministre des Affaires Sociales pour célébrer la seule journée consacrée aux
personnes âgées a été considérée par Auguste Mindzié Mbarga, président
de l’association des personnes âgées du Cameroun, comme une violence morale. « Par sa résolution
45/106 du 14 décembre 1990, l’Assemblée générale des Nations
Unies a proclamé le 1er octobre Journée internationale des personnes
âgées. », rappelle
le sexagénaire.
A Douala pourtant, la 23e édition de la Journée internationale des personnes âgées a réuni une centaine de
seniors le 1er octobre autour de Joseph Elongo, leur porte-parole
qui a affirmé qu’il s’agissait pour eux, d’informer le gouvernement sur la
nécessité de reconnaître l’importance
des personnes âgées dans la société. Et surtout leurs besoins. Ils en ont donc profité pour faire un plaidoyer en
direction des pouvoirs publics, pour la protection des personnes âgées, le
renforcement des structures de cette tranche de personnes, l’institution d’une
assurance-maladie, la mise sur pied des guichets pour le règlement de
factures...
Le président de la Fondation camerounaise de gérontologie
(Focage) a également reconnu que les choses ont évolué depuis quelques années.
Hubert Ndzana Alima a notamment évoqué la multiplication des associations et
autres structures de seniors. Leurs autres attentes, c’est la vulgarisation de
toutes les informations consistant à respecter les règles d’hygiène, la
considération pour les personnes âgées et surtout la lutte contre la
détresse que vivent les seniors. « Il
est aussi souhaitable d’assurer la formation en gérontologie des aidants
sociaux afin qu’ils puissent mieux assurer l’accompagnement des personnes âgées
en détresse », a-t-il ajouté.
![]() |
| Remise de dons aux personnes âgées par l'apav |
Une autre initiative louable est venue
des membres de l’ association d’appui aux personnes âgées et Vulnérables (Apav)
qui, le jour de la célébration, se sont rendus à Béthanie Viacam, une
institution d’encadrement des personnes âgées basée à Yaoundé pour offrir des
dons composés de sacs de riz, carton de savons, produit alimentaires,
baumes, médicaments, vêtements, vivres frais…au grand plaisir de ces personnes
du 3ème et du 4ème âge. Un acte qui a été complété par
une causerie éducative autour du thème: « Valorisons
l’opinion des personnes âgées »
Pour mémoire, le thème de la 23ème Journée,
« L’avenir que nous voulons : ce que
disent les personnes âgées », a été choisi afin d’attirer l’attention
sur les efforts des personnes âgées, des organisations de la société civile,
des Nations Unies et des États Membres pour inscrire la question du
vieillissement sur l’agenda du développement international.
Mathieu Meyeme
Inscription à :
Articles (Atom)



